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Test : Hovercraft & Ultracraft de Jones

Voilà deux boards qu’on avait vraiment très envie de tester chez Splitboard.fr. Conçus par l’incontournable Jeremy Jones, l’Hovercraft et l’Ultracraft présentent en effet un shape assez atypique qui attire forcément l’attention des accrocs de poudreuse. Mais qu’en est-il sur le terrain ?

Conditions du test

Comme d’habitude, il s’agissait de tester l’engin en conditions réelles en enquillant au minimum deux ou trois mille mètres de dénivelée. Mission accomplie lors de deux grosses sorties dans les Bauges et les Aravis. Au programme, deux couloirs en grandes conditions, de beaux champs de peuf mais aussi quelques passages bien tordus sur des pistes forestières. Ajoutez à cela quelques descentes sur piste, et vous avez le topo : tout ce qu’il faut pour voir ce que cette Hovercraft/Ultracraft a dans les boyaux !

Description générale

Avant tout, précisons que les deux boards ont le même shape et la même répartition de souplesse : l’Ultracraft est simplement la déclinaison de l’Hovercraft en version carbone. Elle vous permettra d’économiser environ 300 grammes, ce qui n’est pas rien… mais cela vous coûtera en revanche quelques billets de 100 euros supplémentaires !

Hover-Ultracraft

Au premier abord, il apparaît clairement que l’Hovercraft est taillée pour la poudre et le freeride. La quasi absence de spatule en talon et le léger fish-tail témoignent d’ailleurs de cette orientation sans équivoque. Une longue spatule augmentée d’un rocker généreux, un rayon de courbe supérieur à 9 m, une bonne largeur et un pin-tail assez marqué confirment largement cette première impression : il ne fait guère de doute que cet engin a été conçu pour flotter dans les conditions de poudre les plus démoniaques. On notera au passage que, du fait de la quasi absence de spatule au talon, l’Hovercraft se ride courte : la 156 que nous avons testée affiche par exemple une longueur effective légèrement supérieure à celle de la Solution 161. Il ne faudra donc pas hésiter à choisir une planche 5 cm plus courte que votre planche de freeride habituelle.

TabHov

Du côté du flex, l’Hovercraft surprend également. Annoncée avec un flex de 7/10 (soit un peu moins que la Solution) l’Hovercaft semble pourtant sacrément pêchue au premier abord. Il faut observer de plus près l’engin pour comprendre que la répartition de souplesse est là encore assez particulière : la longue spatule et le rocker sont en réalité très souples, tandis que le reste de la planche est carrément tonique, ce qui laisse augurer d’un bon soutien entre les pieds.

Enfin, on notera que l’Hovercraft bénéficie d’une construction et de finitions très correctes, même si quelques détails comme les champs intérieurs en bois ou l’ajustage un peu approximatif laissent sur sa faim. L’Ultracraft est de ce point de vue mieux lotie, avec des finitions plus abouties.

Sur la neige : à la montée d’abord…

A la montée, pas de surprise : les presque 13 cm au patin se font sentir. Pour faire la trace en poudreuse, on apprécie la compacité et l’excellente portance de l’engin. Mais sur neige dure et en traversées, c’est sans doute plus compliqué à gérer. Autre petit bémol, assez récurrent chez Jones : le pivot est positionné un peu trop en arrière. Avec le shape très particulier de l’Hovercraft, du coup, la spatule a parfois du mal à déjauger, ce qui est un peu handicapant dans les conversions. Et pour avoir fait la trace dans le célèbre et très étroit couloir du « Coillu à Bordel », vous pouvez nous croire : des conversions, on en a réalisé quelques-unes avec cette Hovercraft… ;o)

Au niveau du poids, on apprécie la légèreté de l’Hovercraft. Et on ne manquera pas de rappeler que l’Ultracraft fait encore mieux que sa jumelle en termes d’agilité avec ses 300 grammes de moins, qui en font tout simplement l’un des splitboards les plus légers du marché. Très appréciable à la montée…

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Alors… que nous réserve la descente ?

…et à la descente !

C’est une fois que la board est réassemblée que l’Hovercraft révèle son caractère. Première petite surprise : on est assez loin du comportement surf que peut procurer une fish. Le rayon de courbe allongé et le flex plus rigide expliquent sans doute cette différence de maniabilité. L’Hovercraft ne tourne donc pas toute seule, d’autant que les quasi 26 cm au patin entraînent un peu d’inertie. Il lui faut par conséquent un minimum de vitesse pour commencer à « vivre ». Mais une fois celle-ci acquise, plus rien ne l’arrête. On constate alors un comportement qui s’approche davantage de celui d’un swallow. Pas besoin de se concentrer sur le nose : la longue spatule et le rocker généreux absorbent à peu près tout ce qui se trouve devant eux. Sous les pieds, la board est très solide, elle tient bien la vitesse. Un vrai paquebot ! Quoique… à bien y réfléchir, c’est peut-être davantage à un kart qu’on aurait envie de la comparer.

En couloir ou en pente raide, l’Hovercraft nécessite un peu de vitesse pour garder sa maniabilité, sans quoi elle devient plus physique. C’est donc sur les neiges dures ou les terrains techniques que cette board trouvera sans doute ses limites. Dans ces conditions, on est loin de la réactivité que peut procurer une Solution, par exemple. Il faut donc composer avec une certaine inertie, ce qui n’empêchera pas un snowboarder expérimenté de se débrouiller sans trop de soucis sur ce genre de terrain. Il est même assez probable que les snowboarders aux grands pieds trouvent l’Hovercraft très polyvalente. Les autres un peu moins.

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Alors, au final ?

Avec l’Hovercraft/Ultracraft, Jones a donc produit une sorte de « swallow de poche » qui saura séduire bien des splitboarders. Une planche qui parvient à être très performante en neige profonde sans pour autant devenir ingérable sur neige dure ou en couloir ; le tout associé à une compacité et une légèreté qui la rendent très agréable à la montée. Sa largeur au patin associée à un flex très dynamique entre les pieds la rendra sans doute un peu exclusive pour les petites pointures ou les poids plumes, qui préféreront la réserver pour les jours de poudre. Dans ces conditions, l’Hovercraft ne les décevra pas : elle saura être à la hauteur de sa réputation… c’est à dire au top !

Aurélien B.

Crédit photo : Jones Snowboard & Nicolas C.

One Response to Test : Hovercraft & Ultracraft de Jones

  1. julien dit :

    ayant rider la hovercraft split 3 ans et aujourd hui la ultracraft depuis 2 ans ….
    là où la hovercraft péchait…..la ultracraft fait le boulot sur les neiges dures grâce à une rigidité supérieure…
    sur le fait que le pivot est placé plus en arrière n’est pas un handicap à mon avis ….il faut juste choper le coup de faire un mvt bref qui permet de corriger…et deplus ya moins de talon aussi à passer dans les conversions vu son shape court à l’arrière…

    après la board ne fait pas tout dans le comportement à la montée et la descente….le plus important pour moi c’est les fixations qui est le premier investissement de qualité à faire avant la board…le comportement général montée /descente de la hovercraft/ultracraft a été largement amélioré par le passage spark en kara et cela doit être de même pour n’importe quel board…..faut mieux acheter des plums ou kara et s’acheter un split d’occasse si le budget et limité…

    julien

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