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Test ! La Prem’s 160 de Plum

Après quelques premiers tests d’interface, Splitboard.fr continue la série avec cette fois-ci une board 100% made in France : la Prem’s.

Conditions du test
Les tests ont été réalisés en même temps que ceux de l’interface Plum, en janvier, lors de deux courtes sorties en montagne (un peu plus de 2000 m au compteur) et quelques descentes sur piste. Juste assez pour confirmer (ou non) les quelques idées que l’on peut se faire de la Prem’s au premier abord…
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Description générale
Le premier abord, justement, parlons-en ! Sur le papier, Plum a conçu un produit 100% freeride qui semble destiné à un public plutôt averti. Un rayon de courbe allongé (11 m), un pin-tail de 14 mm et un léger setback confirment la vocation de cette board a priori très orientée vers les grandes courbes en neige profonde. Un léger rocker permet d’adoucir les spatules, le tout étant associé à un cambre relativement marqué entre les pieds. Jusque là, c’est assez classique pour du freeride polyvalent. Plus surprenant, la Prem’s se caractérise également par une sacrée largeur au patin : les 263 mm affichés de la 160 nous font clairement entrer dans la catégorie des planches « wide ». Autre parti pris intéressant : un flex relativement doux.
Au niveau de la construction, Plum ne s’est pas embarrassé de fioritures, privilégiant une finition à la fois sobre et impeccable. Pas très étonnant lorsqu’on sait que la fabrication a été confiée aux Shapers Alpins, qui produisent amoureusement depuis quelques décennies des marques aussi emblématiques qu’Aluflex. Pas de soucis à se faire au niveau de la fabrication, donc. Du classique et du solide, avec un noyau apparent tout en bois (frêne & paulownia), tout ce qu’il faut de fibre pour enrober le bazar, une très belle semelle dense et des carres épaisses fort bien préparées. Reste à voir comment se comporte le matériel dans la neige.

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Sur la neige : à la montée d’abord…
Equipée avec une interface et des fixations Feyan, la board offre une bonne impression à la montée. La chose n’étant malheureusement pas systématique, on peut signaler au passage que les pivots sont ici très bien équilibrés, permettant un déjaugeage aisé de la spatule lors des conversions. Pas d’efforts inutiles. Pour le reste, pas de surprise : c’est large, donc très efficace lorsqu’il s’agit de faire la trace en poudreuse… et sans doute moins adapté en traversées ou lorsque la neige est dure. On ne pourra pas vous confirmer ce dernier point étant donné qu’on n’a eu que de la poudre ! Quant au poids, les 3,2 kg annoncés pour la 160 situent la board dans la bonne moyenne des splitboards actuellement sur le marché – en particulier si on considère la largeur. Rien à redire. Le paulownia fait son boulot.

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…et à la descente !
Première rando. Les deux descentes dans une poudreuse de cinéma sont sans surprise : ça flotte, ça envoie… et malgré un rayon plutôt long la machine tourne très bien, même lorsqu’on cadence davantage les virages. Evidemment, dans de telles conditions, on apprécie la largeur et le pin-tail qui garantissent un bon déjaugeage et une excellente flottaison. Très bonne impression, donc. Mais il faut bien le dire : dans 40 cm de poudre, on est tous champions du monde et les boards sont toutes les meilleures du marché…
Une seconde rando en neige plus difficile permet de mieux se rendre compte du caractère de la Prem’s. En pente plus raide, entre les arbres et avec une neige trafolée, c’est évidemment un peu plus compliqué. Avec mon 42, la largeur de la board entraîne une petite inertie : force est de constater que les virages ne se déclenchent pas aussi vivement qu’avec ma planche habituelle. C’est là qu’on apprécie la souplesse de la Prem’s, qui lui permet de conserver un caractère très tolérant, même à basse vitesse. Dès que les obstacles s’éloignent et que l’horizon se dégage, la Prem’s donne envie d’accélérer à nouveau… et là, rien à dire, ça fonctionne bien.
Et sur piste ? Bon, la Prem’s n’est pas faite pour ce genre de terrain. Le carving n’est pas mauvais du tout, mais là encore il s’agit de composer avec la largeur et le long rayon de courbe : il faut de la place pour pouvoir engager un peu ! Un défaut que compense largement une conduite dérapée plutôt facile sur neige dure – caractéristique bien appréciable lorsqu’il faut redescendre un chemin ou une piste d’approche verglacés.

Conclusions
La Prem’s est une belle machine. Bien conçue, bien faite. Pour quelqu’un de ma stature (60 kg) qui désire une planche pêchue et polyvalente, choisir la taille de sa Prem’s n’est toutefois pas évident. La 156 offre une largeur idéale mais s’avère un peu courte et probablement un peu souple à mon goût. La 160, en revanche, est carrément large… et pour le coup, cela m’a fait apprécier sa souplesse qui la rend moins exigeante. Bref… Sachant que les Shapers Alpins sont aux manettes, on se met à rêver de pouvoir un jour choisir la largeur et le flex de sa Prem’s sur-mesure. En attendant, ce petit test de la 160 révèle une belle planche pour les jours de poudre et les grands espaces. Pour les grands pieds, elle s’avérera sans doute encore beaucoup plus polyvalente (comme l’aurait sans doute été la 156 pour moi).
Et bien entendu, ne perdez pas de vue que tout cela reste très largement subjectif… alors si vous passez dans les environs de Chamonix, n’hésitez pas à contacter Tal, chez Plum. Avec un peu de chance vous pourrez tester la bête et vous faire votre avis sur la Prem’s : bien mieux que les longs discours !

Aurélien B.

Crédits photo : Yohann M. & Plum

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