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Test : L’interface Karakoram 2016

Après un test de l’interface Plum en janvier, nous avons eu l’occasion d’essayer en février le matériel conçu par une autre marque incontournable du splitboard : Karakoram. Verdict ? Eh bien… on a aimé. Et on vous dit pourquoi !

Conditions du test

Nous avons pu tester l’interface et les fixations (modèle Prime 1) durant trois petites sorties de 1000 à 1400 mètres de dénivelée, avec à chaque fois au moins un repeautage. Des conditions météorologiques plutôt variables (de la tempête au grand beau temps), des terrains de jeu très différents (du grand champ de poudre au couloir) et, surtout, de la très bonne neige. Que demander de mieux ?

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Description générale de l’interface

Même si elle commence à être bien connue des splitboarders, l’interface Karakoram mérite une brève description. Sortie au début des années 2010, elle avait alors fait parler d’elle. Et pour cause, puisque ses concepteurs avaient alors pris le parti de s’émanciper du système à glissière classique produit par Voilé et qui équipait à l’époque quasiment tous les splitboards. En lieu et place des plots traditionnels en plastic, Kara propose un étrier en acier composé de deux pièces munies d’ergots dans lesquels l’embase de la fixation (également en acier) vient se loger. Un levier situé sous le spoiler permet alors de faire coulisser une mâchoire constituée de crochets en métal qui viennent solidariser la fixation et l’embase tout en exerçant une pression sur les chants internes des deux parties du splitboard. Une fois serré, ça ne bouge pas d’un iota, c’est impressionnant !

Solid-Ride

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Pour désolidariser la fixation, il suffit donc de tirer le levier vers le bas. On peut dès lors passer en mode montée. L’interface Karakoram se distingue alors de ses principaux concurrents puisque le pivot est intégré directement dans l’embase de la fixation, prenant la forme d’une solide tige en acier qui vient se loger dans des ergots en forme de mâchoire, qu’on actionne très simplement grâce à un levier. Le tout est complété d’une solide paire de cales en plastic.

Vous n’avez rien pigé ? Normal… Comme d’habitude, rien ne vaut une petite vidéo pour ce genre de description : vous en trouverez une en fin d’article.

Quelques données objectives : le poids

Voyons voir… Qu’est-ce que cela donne sur la balance, cette affaire ? Du côté des fixations (le modèle Prime 1, a priori pas les plus légères) on tourne à 835 g la fix, soit 1670 g la paire : c’est plutôt léger. Du côté de l’interface, Kara s’en sort un tout petit peu moins bien, avec un total d’environ 685 g, incluant les plots (365 g), les pivots (82 g x 2) et enfin les cales de montée (78 g x 2) et les vis. Soit un total d’environ 2360 g pour l’ensemble de l’interface. Pas mal du tout… et très proche de Plum, par exemple.

Au passage, les obsédés du poids pourront toujours aller regarder du côté des options : Kara propose en effet des straps sans boucles sur certains modèles ainsi qu’une fixation avec spoiler en carbone, ce qui doit sans doute permettre de gagner quelques grammes selon les configurations.

Sur la neige : à la montée d’abord…

Sur le terrain, le système fait parfaitement son boulot. L’enclenchement du pivot en mode montée se réalise d’un seul geste : sans doute l’interface la plus performante de ce point de vue. Les cales sont efficaces ; avec un peu d’entraînement on peut même les manipuler avec les bâtons sans avoir besoin de se baisser. L’inclinaison du spoiler nécessite quant à elle d’être réglée une bonne fois pour toute puisqu’il faut disposer d’une clé pour la modifier ; mais une fois le réglage opéré, il n’y a plus besoin de s’en préoccuper : il suffit de faire tourner sur elle-même la cale d’inclinaison du spoiler pour passer du mode descente au mode montée. Ce dernier permet une grande ouverture du spoiler vers l’arrière, bien appréciable pour ceux qui aiment les grandes foulées. Bref, en mode montée, c’est très confortable.

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On n’a pas eu l’occasion d’essayer les couteaux, mais sur le papier ça a l’air d’être à la hauteur.

…et à la descente !

Le passage du mode montée au mode descente m’a d’abord valu quelques… euh… comment le dire ? Quelques mouvements d’humeur ? Oui, c’est cela…

Pourtant, sur le tapis du salon, tout semblait fonctionner à merveille. Mais dans 50 km/h de vent et avec de la glace coincée dans l’interface, eh bien non : décidément, cela ne fonctionne plus aussi bien. Au passage, c’est dans ce genre de situation qu’on apprécie la solidité du matériel : après quelques jurons et autant de coups de bâton dans le bousin, cela finit par rentrer sans prendre la moindre égratignure. On remonte le levier et… Clac ! (petit bruit merveilleux qui signifie que je n’aurai pas besoin de démonter les vis en pleine tempête, et moins encore de redescendre à pied : ouf). Bref, tout cela pour dire que l’interface nécessite d’être précisément ajustée. Le montage et les réglages paraissent simples à réaliser : c’est assez instinctif, et tant mieux. Mais cela ne doit pas vous empêcher de bien vérifier que tout est parfaitement aligné. Et si vous avez bien fait le boulot, alors vous n’aurez sans doute pas à subir ce petit désagrément.

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Confirmation lors des sorties suivantes : une fois la neige grossièrement dégagée des plots, cela fonctionne parfaitement. Et le résultat est alors au rendez-vous : l’impression de rigidité du couple fixation/splitboard est assez bluffante. Les solides straps enserrent quant à elles parfaitement le pied, offrant une bonne réactivité en frontside. Enfin, le spoiler – qui me semblait pourtant assez souple sur cette version de la Prime 1 – s’avère finalement plutôt réactif en backside. Au final, Kara nous offre ici une très bonne fixation de freeride.

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En résumé…

Evidemment, trois sorties, c’est peu. A peine le temps de s’habituer. Mais cela permet tout de même de tirer quelques premières conclusions.

Du côté du négatif… pas grand chose à signaler. Si je n’avais pas mis des moufles pour régler l’interface avant ma première sortie, je n’aurais sans doute pas eu de soucis. Mais on notera toutefois que, à l’instar de Plum, la relative sophistication de l’interface se paie ici par une certaine susceptibilité : la glace et la neige viennent facilement obstruer les plots, ce qui nécessite un petit déblayage avant chaque opération de réassemblage. Le prix de l’interface et des fixations est évidemment une autre limite, puisqu’on avoisine là encore les 700 euros pour les Prime 1.

Du côté du positif, on retiendra une ergonomie assez remarquable. Les détails montrent là encore que l’interface a été pensée et testée par des passionnés. Le montage des fixations en mode montée s’opère d’une main et en un clin d’œil. En mode descente, une fois les fixations verrouillées, l’interface rigidifie en torsion le splitboard au point de donner l’impression qu’il s’agit… d’un snowboard, ni plus ni moins. Le poids de l’ensemble est par ailleurs très correct, et ce d’autant plus que l’interface dégage une belle impression de solidité. C’est du costaud, et on se doute qu’on ne devrait pas avoir de soucis pour conserver le matériel durant de longues saisons.

En résumé, Kara offre ici une excellente interface, vraiment très bien pensée et réalisée. Ce qui ne surprend finalement pas tellement, étant donné le nombre d’aficionados que la marque américaine est parvenue à réunir à travers le monde en seulement quelques années…

Aurélien B.

Crédits photos : Karakoram & Nicolas C.

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