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TEST ! L’interface Plum 2016

Ça y est, Splitboard.fr se lance dans le test de matériel ! Et pour bien commencer la série, on débute par une petite marque qui monte dans le milieu du splitboard : Plum ! Du matos « made in chez nous » pour inaugurer une série de tests « made by nous-mêmes » !

Conditions du test

Nous avons pu disposer de l’interface et des fixations durant six jours. Malheureusement, entre le boulot et les conditions météo capricieuses de cette mi-janvier, pas moyen de faire autant de sorties qu’espéré. Le test s’est donc réalisé lors de deux petites randos avec à chaque fois un repeautage – soit un peu plus de 2000 m au total – auxquelles il faut ajouter quelques descentes en station. Le minimum syndical pour un vrai test grandeur nature ! Cela ne vaut pas une saison complète d’utilisation, certes. Mais c’est tout de même largement suffisant pour dégager quelques impressions…

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Description générale de l’interface

A l’instar de Karakoram (prochainement en test), Plum a décidé de s’émanciper du traditionnel système à glissière qui a fait le succès de l’interface Voilé. Pas de plots en plastic, donc… mais quatre belles pièces d’aluminium de forme triangulaire parfaitement usinées qui permettent une grande variété de réglages, tant en termes de stance que d’angles. La base de la fixation vient ensuite s’insérer sur les plots ; et un ingénieux système de levier permet alors d’actionner une mâchoire qui vient solidariser les plots et la fixation. Pas évident à décrire : on vous laisse donc jeter un œil aux vidéos en bas d’article pour piger le truc ! En tout cas, ça fonctionne. Et surtout, contrairement à la célèbre interface à glissière concurrente, le mécanisme proposé par Plum permet de solidariser encore un peu plus solidement les deux planches de votre splitboard en exerçant une pression sur ses deux bords intérieurs. Plutôt ingénieux.

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En mode montée, le même levier permet cette fois-ci de bloquer l’extrémité avant de la fixation sur un pivot fixe.

Au final, l’ensemble laisse donc une belle impression : le mécanisme est ingénieux et l’usinage des pièces métalliques est de belle facture, nous rappelant opportunément que tout cela est soigneusement fabriqué dans la vallée de l’Arve, haut lieu de l’industrie du décolletage ! Enfin, le généreux spoiler en carbone vient encore ajouter au côté clinquant de l’affaire. De la belle ouvrage, pour sûr ! Les amoureux de matos apprécieront…

Quelques données objectives : le poids

Avant de nous lancer dans les pentes enneigées, mettons le bazar sur la balance. Histoire de contenter les maniaques du light ! Annoncées à moins de 900 g pour la taille M, les fixations sont à la hauteur des espérances avec environ 890 g, soit 1780 g la paire. Pas mal du tout, surtout si on considère la relative complexité et l’apparente robustesse du matériel. Du côté de l’interface, Plum se débrouille également assez bien avec un total de 610 g (vis comprises), incluant les plots en aluminium (65 g x 4), les pivots (85 g x 2) et enfin les cales de montée (85 g x 2). Soit un total très honorable légèrement inférieur à 2400 g.

Au passage, les obsédés du poids noteront que les couteaux spécifiques conçus par Plum sont très légers. On ne vous en dira pas davantage à leur sujet… puisqu’ on n’a pas eu l’occasion de les tester pour de vrai : trop de poudre !

Sur la neige : à la montée d’abord…

Un petit col de Tulle (Aravis), suivi quelques jours plus tard d’un tout aussi modeste « Roc des Bœufs » (Bauges) : ça y est, nous voici enfin sur la neige ! Prêts à grimper. Plum a équipé cette année ses fixations de straps généreux qui offrent une bonne emprise du pied et de nombreuses possibilités de réglages sans avoir besoin de sortir les tournevis. Pratique. Comme la plupart de ses concurrents, la marque savoyarde a également mis au point un système de réglage de l’inclinaison du spoiler à la fois simple et très rapide à mettre en œuvre, histoire de passer aisément du mode montée au mode descente. L’ouverture du spoiler permet de grandes enjambées et le déroulé est fluide, aidé sans doute en cela par un pivot plus élevé que chez la concurrence qui permet de positionner l’axe légèrement sous les orteils – sans pour autant risquer de toucher la board du bout des pieds lorsque la pente raidit. Bon point. Enfin, les double cales sont efficaces, même si on aurait peut-être apprécié un peu plus de hauteur sur la seconde cale. Un détail.

…et à la descente

Arrivé en haut, et malgré la neige, le mécanisme fonctionne sans soucis. Il faut parfois forcer un peu sur le levier, voire enlever les gants, mais rien de gênant. Idem pour le positionnement en mode descente : la neige bloquée dans l’interface nécessite d’être un peu nettoyée, sans quoi il faut parfois forcer sur la mécanique. A voir ce que cela donne à l’usage, en particulier dans des conditions de neige – et surtout de glace – plus coriaces : un petit déblayage des pivots ne sera peut-être pas du luxe. En conditions favorables (poudreuse froide), la manœuvre d’assemblage s’opère en quelques dizaines de secondes, c’est très efficace. L’inclinaison du spoiler est une formalité.
A la descente, les fixations se révèlent là encore très confortables et réactives. Le large spoiler est vraiment agréable, les appuis backside sont vifs, francs. Les straps réagissent bien en frontside. Autant d’impressions que quelques descentes en station confirmeront largement. A grande vitesse ou en petits virages, rien à redire, ça tient le pavé. En résumé, c’est confortable et ça fonctionne comme une très bonne paire de fixations de freeride. Et ça tombe bien : c’est exactement ce qu’on attend d’elles…

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Alors… verdict ?
Comme vous l’aurez compris, je ressors de ce test séduit. Les petits détails montrent que le matériel a clairement été conçu par et pour des splitboarders. Mais est-ce à dire que l’interface Plum n’a pas de défaut ? Evidemment non. A l’instar de Karakoram, l’écueil le plus évident est bien entendu le prix élevé de l’interface – on dépasse les 600 euros, tout de même. Autre petit désavantage : le produit étant récent, les retours d’expérience sont par conséquent encore peu nombreux. On peut par exemple se demander comment vont vieillir certaines parties de l’interface – notamment le génial petit levier qui actionne la mâchoire de serrage du système. Vu la qualité d’usinage, on peut supposer que tout ira pour le mieux… mais par prudence, on conseillera d’éviter de trop maltraiter le levier en question. Pour le reste, force est de constater que les arguments jouant en faveur de Plum sont nombreux et indéniables : un poids très correct, une belle ergonomie de l’interface, une efficacité redoutable des fixations (tant à la montée qu’à la descente), sans oublier la satisfaction d’investir dans du matériel « made in Chez nous ! »

Car après tout, autant le reconnaître : lancer une interface innovante capable de concurrencer les majors américaines du splitboard, il fallait oser. Plum l’a fait. Et bien fait.

Aurélien B.

3 Responses to TEST ! L’interface Plum 2016

  1. Tibo dit :

    Je suis passé en plum après plusieurs saison en voilé, et ben on peut parler de révolution ! Tant dans le poids que le maintien du pied, on a vraiment l’impression de rider avec des fix classiques, avec beaucoup de répondant. Il faut juste bien enlevé la neige des fix au sommet pour les mettre en position ride mais après c bu pur bonheur!

    • Aurelien B. dit :

      Merci Tibo, les commentaires et les témoignages d’usagers sont évidemment les bienvenus !
      Le système Plum est incomparablement plus efficace que le couple « fixation classique + rail Voilé », on est bien d’accord. Reste à comparer avec les « vrais » concurrents : Karakoram, Spark R&D…
      Tests prévus pour bientôt ;o)

  2. TARDIVEL PIERRE dit :

    Avant la Plum, j’ai utilisé des Voilé et connu des galères. La Feyan est un vrai bonheur : rapide et facile à installer, solide et assez légère. Et en plus « made in chez nous » !

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