MENU

Test : l’interface Spark 2017

Après avoir testé les interfaces Plum et Karakoram l’an dernier, nous nous sommes procuré cette année le matériel produit par le troisième acteur incontournable du monde du splitboard : Spark R&D. Alors que cette entreprise pionnière des fixations de splitboard fête cette année ses dix ans, il était temps de vérifier si la marque était parvenue à rester dans le coup. Voyons cela dans le détail.

Conditions du test

En préambule, un petit aveu : j’utilise des fixations Spark depuis le premier modèle sorti à l’époque en collaboration avec Bent Metal – un collector ! Bon an mal an, j’ai donc dû me trimballer des Spark aux pieds sur plusieurs centaines de milliers de mètres de dénivelée. Mais je n’avais pas encore eu l’occasion de tester le système Tesla, pourtant introduit par la marque américaine dès 2013. Je me contenterai ici de décrire mon retour sur ce dernier modèle, pour lequel je n’ai que quelques milliers de mètres d’expérience à faire valoir, mais dans des conditions de terrain toutefois assez variées.

Description générale de l’interface

Contrairement à ses principaux rivaux que sont Plum et Karakoram, Spark a misé depuis le début sur l’interface historique proposée par Voilé. Un système qui a le grand avantage d’être à la fois simple et robuste. Nous ne reviendrons pas ici sur la description générale de cette interface bien connue des splitboarders, caractérisée par son célèbre système à glissières. Il n’est toutefois pas inutile de rappeler que Spark fut la première marque à intégrer directement dans l’embase de la fixation le fameux « slider track », ce rail qui permet la connexion avec le splitboard. Au fil du temps, Spark a ensuite apporté de nombreuses améliorations à l’interface en question. Les plots produits par Spark depuis quelques années sont par exemple bien plus précis que ceux proposés jusque là par Voilé : l’introduction d’un ingénieux système de micro-rainures permet en effet d’envisager absolument tous les types de stance possibles et imaginables. Mais surtout, l’embase Tesla a permis plusieurs améliorations notables comme l’intégration des cales dans l’embase de la fixation et, surtout, la disparition des aiguilles qui se trouvent très avantageusement remplacées par un système de cliquet incorporé dans l’embase elle-même. Finies les opérations de verrouillage qui vous donnaient l’impression de jouer au Mécano !

Ci-dessus : la fixation Spark R&D (modèle Surge) et son kit de « touring »

Ci-dessous : les plots Spark R&D (vendus séparément)

Comme d’habitude, les images en disent bien davantage qu’un long discours : vous comprendrez tout du système en observant la vidéo de présentation de Spark.

Un poids très optimisé

Comme dans les précédents tests, un petit détour par la balance s’impose. Sur ce terrain, il faut bien admettre que Spark a gardé une longueur d’avance sur la concurrence. Le modèle Surge que nous avons testé se compose d’une paire de fixations qui dépasse à peine les 1500 grammes (et Spark annonce presque 150 g de moins pour le modèle Arc, un peu moins rigide). Du côté de l’interface, les plots pèsent moins de 300 grammes, tandis que les pivots et les butées des cales dépassent à peine les 200 grammes. En incluant les vis, on franchit tout juste la barre des 2 kg (2050 grammes exactement) pour l’ensemble de l’interface et des fixations Surge (en taille M). C’est tout simplement 300 à 400 grammes de moins que la concurrence. Et quand on sait ce qu’il faut sacrifier pour parvenir à gagner un tel poids sur une planche de splitboard ou une paire de chaussures, on se dit que Spark dispose là d’un argument non négligeable à faire valoir. C’est d’autant plus vrai que la solidité des fixations ne semble pas avoir été sacrifiée au profit du gain de poids : Spark s’est contenté d’une optimisation intelligente d’un système qui a largement fait ses preuves.

Au passage, on notera que les concurrents ont prévu de riposter sur ce terrain du gain de poids, puisque les modèles 2018 sont annoncés avec des performances records en la matière. Karakoram revendique par exemple 1,2 kg pour la future Prime X carbone, ce qui devrait faire descendre l’ensemble de l’interface aux alentours d’1,8 kg. De son côté, Spark ne devrait toutefois pas être très loin de ce poids, puisqu’un gain supérieur à 100 grammes est d’ores et déjà annoncé sur l’ensemble des modèles. A suivre…

Un petit tour sur la neige : quid de l’efficacité à la montée ?

Sans surprise, les Spark font parfaitement le boulot à la montée. Plus légères que leurs concurrentes, les interfaces Sparks parviennent également à rivaliser sur la plupart des points importants. Le montage des fixations sur le pivot se fait par exemple en un clin d’œil. La disparition des aiguilles constitue un sacré bonus de ce point de vue : un vrai régal ! Ceci étant dit, il fallait bien cela pour se hisser au niveau de Karakoram ou de Plum, qui avaient mis la barre très haut. Même remarque concernant le spoiler arrière, puisque Spark propose depuis quelques années un système dénommé Rip’nFlip qui permet de prérégler l’angle du spoiler pour la descente et, d’un simple geste, de basculer l’inclinaison en mode montée ou descente. En mode touring, on dispose alors d’une large ouverture du spoiler vers l’arrière. C’est efficace, rapide, et cela permet d’envisager de larges foulées. Mais là encore, ce n’est finalement ni plus ni moins que ce qu’offre aujourd’hui la concurrence. Enfin, les cales sont efficaces, offrant deux positions possibles selon la pente. Le seul petit bémol concerne la difficulté à se saisir du levier des cales avec de gros gants. Le problème est réglé si on achète en option les « whammy bars » proposées par Spark, qui disposent d’un petit levier bien pratique pour manipuler les cales. Tellement pratiques, d’ailleurs, qu’on se demande pourquoi ce système n’est pas présent en série sur toutes les fixations.

On notera au passage que les couteaux ont été réactualisés et semblent de bonne facture. A condition de s’entraîner un peu, leur installation ne demande pas de déchaussage, ce qui est une bonne nouvelle.

Et à la descente ?

Arrivé en haut, c’est le rituel habituel qui se met en route. On enlève les peaux, on assemble le split et puis cric, crac : on enclenche les fixations. Rien de plus facile avec le système Tesla, puisque là encore vous n’aurez même pas besoin d’enlever les gants. Le système à glissière présente cet avantage de ne pas offrir trop d’aspérités, si bien que la neige ou la glace accumulés à la montée sont rapidement déblayés et ne gênent quasiment jamais l’opération de verrouillage. Le réglage d’inclinaison des spoilers est quant à lui ultra simple et s’actionne d’un seul geste. En comparaison de l’ancien modèle à aiguilles avec le réglage cranté du spoiler, on gagne facilement une bonne minute sur l’ensemble des manipulations.

A la descente, on notera peu de différences avec les anciens modèles. La Surge s’avère une très bonne fixation de freeride. Le spoiler renforcé n’est certes pas en carbone, mais il offre tout de même un solide soutien. Les sangles sont bien conçues et couvrantes, réactives. Bref, on ne notera pas de défaut rédhibitoire de ce côté-ci. En vérité, le seul reproche que l’on puisse faire à l’interface concerne le système de verrouillage passif propre aux systèmes à glissières. En effet, contrairement à ceux proposés par Karakoram et Plum, les interfaces à glissière n’exercent pas de pression sur les faces internes du splitboard lors du verrouillage des fixations. Il en résulte une rigidité latérale légèrement moindre… en tout cas sur le papier. Dans la réalité, l’usage de crochets Karakoram (qui équipe de nombreux splitboards) réduit en partie ce petit handicap. Et à moins de rider une planche assez souple (ou mal ajustée) il faudra vraiment que vous vous retrouviez dans des conditions de neige très défavorables pour sentir la différence.

Au final, une interface toujours au top

En résumé, je sors de ce test tout à fait séduit. Spark est en effet parvenu à optimiser l’historique système à glissière conçu par Voilé de manière très efficace. Cette grande rusticité de l’interface reste à mon avis un gage de sécurité en montagne, où la moindre défaillance du matériel peut virer au cauchemar. Surtout, cette simplicité permet à Spark de garder son avance en matière de légèreté, sans pour autant recourir à des matériaux onéreux. Ce choix permet à la marque américaine de pratiquer des prix compétitifs puisque, même en incluant les plots Spark (un peu plus chers que les Voilé), le modèle Surge et son interface complète se maintiennent sous la barre des 550 euros (prix public).

En bref, on retiendra que Spark propose ici une interface vraiment très performante et bien pensée. Son principal défaut est d’offrir légèrement moins de rigidité latérale que ses concurrentes – on pense en particulier à Karakoram et Plum’. En revanche, l’interface Spark s’avère à la fois un peu plus légère et un peu moins onéreuse que ses concurrentes. Deux arguments qui sauront sans doute séduire bien des splitboarders !

Aurélien B.

Photos : Spark R&D, Nicolas C., Yohann M., Aurélien B.

Laisser un commentaire